TRAFIQUANTS.... MARCHAND DE LA HONTE

Qui sont les trafiquants ?
Les trafiquants sont ceux qui peuvent recruter, transporter, recevoir et exploiter des victimes, utilisant souvent la force, des menaces, ou d'autres mécanismes de contrôle. Beaucoup de trafiquants appartiennent à des réseaux criminels décentralisés plutôt qu’à des groupes criminels professionnels. Les trafiquants peuvent opérer internationalement ou s'engager dans le trafic intérieur, dans leur propre pays. Souvent les trafiquants et leurs victimes partagent la même nationalité, permettant aux trafiquants de mieux comprendre et exploiter leurs victimes.
Parfois les trafiquants sont eux-mêmes des survivants du trafic humain, comme dans le cas de beaucoup de tenancières de bordel ou de bottom girls (les femmes de main des proxénètes) dans la prostitution de rue américaine.
Facteurs qui les motivent
Deux facteurs principaux motivent le comportement des trafiquants : des profits élevés et des risques faibles. Cette combinaison est à la base de la croissance explosive du trafic humain, en faisant l'industrie criminelle en plus rapide croissance dans le monde. Cette industrie est maintenant surpassée seulement par le trafic d’armes et de drogues. Il est facile pour les criminels de s’établir dans l’industrie car le capital de démarrage requis est peu élevé et peu de compétences sont nécessaires pour générer des profits. Dans de nombreux cas, un trafiquant doit simplement désirer exploiter une personne vulnérable, et exploiter également la demande énorme qui existe pour ce type de trafic.
Des considérations stratégiques
Le changement de l’équation « faible risque, haut bénéfice » est la clef de la dynamique changeante du marché dans le trafic humain. Dans de nombreux cas, une stratégie ciblée qui fait obstacle aux profits, combinée à plus de poursuites et de condamnations, est l'approche la plus efficace contre l'industrie. Cette stratégie est attirante parce qu'elle nécessite des ressources minimes pour atteindre un point tournant qui aura un impact sur tout le système.
Par exemple, si des poursuites sont portées contre seulement 10 bordels sur 60 qui participent au trafic humain sur une période d'un an, il est fort probable que la majorité des bordels restants voudra déménager ou fermer à cause du risque accru. Mais si les mêmes ressources juridiques sont utilisées pour poursuivre 50 clients sur un total de 5,000 qui fréquentent les bordels, l'impact sur la demande sera probablement beaucoup moindre (en raison de la pauvre communication, d’une réaction au risque moins flexible et des meilleures chances d'éviter la poursuite).
En pratique, il y a des obstacles qui doivent être surmontés pour faire de cette stratégie une réussite; ceux-ci comprennent la corruption, le manque de ressources et le fait que le trafic humain est une question de basse priorité pour les forces de l’ordre. Mais la réforme du système de justice criminelle ou la pression politique sont peut-être des moyens plus réalistes que l’éradication de la demande qui fait rouler l’industrie ou l’élimination des conditions de vulnérabilité au trafic humain de populations entières. Un tel système peut augmenter le risque pour les trafiquants, mais cela peut être compensé, au moins partiellement, par les augmentations des prix (dus à la rareté de l’offre) qui font augmentent les profits. Pour cette raison, une stratégie qui vise les trafiquants devrait être accompagnée par des stratégies agressives qui réduisent la demande.
SOURCE : www.changemakers.net